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L’ingénieur en circulation

4 juillet 2018

L'ingénieur en circulation

Les chantiers de construction se multiplient sur les routes du Québec et Montréal n’y fait pas exception. Comme usager de la route, vous savez qu’il devient difficile de circuler durant cette période. Pourtant, sans l’intervention de l’ingénieur en circulation, la situation serait bien pire, voire impossible !

Le rôle de l’ingénieur en circulation est d’assurer la mobilité des usagers en tout temps. Il doit composer avec de multiples restrictions, de nombreux intervenants et se doit de trouver le meilleur scénario possible pour minimiser l’impact des travaux sur la circulation.

« On doit s’assurer que l’usager puisse toujours circuler, qu’il ne soit jamais pris en souricière par une mauvaise coordination. Plusieurs comités sont en place où siègent les ingénieurs de plusieurs partenaires, afin de coordonner nos activités. Nous devons tous entreprendre nos travaux pour respecter nos échéanciers, mais si tous les accès à la Métropole sont bloqués en même temps, on a un problème. Il y a donc un immense travail de coordination à faire pour déterminer comment on peut combiner certains travaux pour orchestrer les scénarios de fermetures, » explique Olivier Patry, ingénieur en circulation chez Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI).

Une planification à long terme

La planification des grands chantiers s’effectue 10 ans à l’avance chez PJCCI en collaboration avec d’autres intervenants, notamment le Ministère des Transports, Mobilité durable et Électrification des transports (MTMDET), de même que les villes de Montréal et Longueuil.

L’ingénieur en circulation fait le pont entre les chargés de projet à l’interne et l’ensemble des intervenants à l’externe pour coordonner nos travaux aux leurs.

Marie-Michèle Bussières-Dicaire, ingénieure en circulation chez PJCCI, souligne le fait que « le gros boom de construction dans les années 60 fait en sorte que beaucoup de travaux d’entretien ou de reconstruction sont dus en même temps. Certains travaux mineurs pourraient parfois être reportés, mais on doit profiter de chaque fenêtre d’opportunité pour effectuer ces travaux pour ne pas avoir à le faire d’urgence à moyen terme, et avoir ainsi un impact négatif sur d’autres travaux déjà prévus depuis longtemps. »

Un rôle majeur au quotidien

Dans un monde idéal, tous les travaux seraient effectués dans les temps établis, sans impact sur la circulation, mais l’ingénieur en circulation doit composer avec moult impondérables (météo, accident, voiture en panne, bris imprévus, collision avec une structure.), et le report d’un seul chantier peut entraîner une réaction en chaîne sur l’ensemble des travaux prévus. La coordination au quotidien est requise pour optimiser la fluidité du réseau. Cela signifie plusieurs heures par semaine en en réunion et au téléphone. « Si nous oublions simplement de coordonner un entrepreneur, ça peut avoir un impact majeur sur son échéancier et celui des autres chantiers, engendrant des délais et des coûts supplémentaires pour tout le monde, » mentionne Olivier.

Les défis de l’ingénieur en circulation

Un autre facteur imprévisible, selon Marie-Michèle, est l’itinéraire de chaque usager. « Quand on met en place un chemin de détour, on tient compte des restrictions pour les camionneurs, des sens uniques, des feux de circulation. Même s’il est parfois long, ce détour est optimisé pour l’ensemble des usagers. Certains individus choisiront toutefois d’emprunter une autre voie, créant des bouchons là où on ne l’avait pas prévu. »

Nos deux ingénieurs en circulation s’entendent pour dire qu’un des défis majeurs à Montréal est la densité du réseau routier. « En région, les détours peuvent atteindre plusieurs kilomètres et même si un usager peut allonger son parcours de 15 ou 20 minutes, le détour reste plutôt gérable. En ville, chaque détour a un impact sur une autre partie du réseau. Il y a donc un effet domino qu’il faut gérer, soit en révisant les routes de détour, ou en gérant des réductions de voie quelques kilomètres d’avance sur le réseau. »

Marie-Michèle mentionne que « nous sommes conscients de l’impact des travaux dans la vie des gens et on comprend leur frustration, nous sommes aussi des usagers, mais dans le contexte actuel où il y a de plus en plus de travaux à effectuer et une circulation automobile toujours plus dense, il n’y a pas de solution miracle ».

« Ce qui me rend le plus fier, c’est que j’ai vraiment l’impression de faire une différence dans le quotidien des gens, même s’ils n’en sont pas toujours conscients. » — conclut Olivier.