Hector Barsalou

23 mars 2017

Au début des années 1920, alors que le progrès technologique cogne aux portes des villes, plus de 6 000 voitures circulent dans les rues de Montréal. C’est alors que naît le projet du pont Jacques-Cartier, lequel mobilisera de nombreux ingénieurs en Amérique du Nord.

La réalisation de cet ambitieux mandat force les résidents de la rive nord du fleuve Saint-Laurent (aujourd’hui le quartier Ville-Marie) à payer un fort prix. Une série d’expropriations a lieu en 1926. Plusieurs Montréalais se voient dans l’obligation de quitter leur logement ou leur entreprise pour permettre la construction du pont Jacques-Cartier. Toutefois, l’un d’entre eux, Hector Barasalou, refuse catégoriquement de déplacer son usine à savon.

Saviez-vous que c’est à Hector Barsalou que l’on doit la courbe du pont Jacques-Cartier à l’approche de Montréal ?

Fils de l’homme d’affaires Joseph Barsalou, Hector s’investit dans la fabrique de savon familiale qu’il reprend avec son frère. L’entrepreneur met au point une nouvelle technologie qui permet de générer des rendements de 6 000 livres de savon en une heure trente plutôt qu’en une semaine. Grâce à cette production accrue, les Barsalou démocratisent un produit autrefois réservé aux mieux nantis.

Gérant une entreprise en plein essor, les deux frères déclinent l’offre d’achat de la société en charge de la construction du pont. Conséquemment, les concepteurs doivent préparer un tracé différent. Les ingénieurs proposent que la partie du pont surplombant l’île de Montréal ait une courbe prononcée, laquelle a donné naissance à l’appellation de « pont croche ». Quant à l’usine de savon, elle a toujours pignon sur rue au 1600, avenue de Lorimier.

Depuis cet événement, la loi d’expropriation en vigueur aujourd’hui ne permet qu’en de très rares cas aux propriétaires de défier la machine bureaucratique et de modifier l’implantation de projets d’envergure.

Crédit photo : Les savons Barsalou